La police du pays entier est mobilisée depuis dix jours.
Un petit garçon de 10 ans a disparu. La dernière fois qu'il a été aperçu, il était en compagnie d'une quasi-inconnue, une certaine Edmée.
Son père, directeur de l'Observatoire de Paris, qui l'élève seul, l'avait confié à l'improviste, un soir de désarroi, à cette opticienne-astronome venue régler certaines lentilles délicates. Elle lui inspirait confiance. Depuis, l'enfant la revoyait de temps en temps.
Edmée est spéciale, elle est bizarre, témoignent ses ex-collègues. Méticuleuse mais silencieuse. Secrète. On l'a vue subtiliser des clichs d'étoiles et de météorites. Elle a été licenciée depuis.
Qui est-elle vraiment ? Une illuminée ? Une vulgaire kidnappeuse ? Une espionne ?
Ou fait-elle partie de ces êtres qui traversent la vie des autres, comme des comètes, pour leur permettre d'accomplir une tâche, un destin, des retrouvailles ?
Un magnifique roman pour adolescents ! Je l'ai adoré ! Je l'ai dévoré ^^ On est plongés dans une intrigue du début à la fin, ne recueillant des informations nous permettant d'élucider certains points obscurs qu'au compte-gouttes... Un personnage énigmatique, mais surtout une histoire racontée par trois personnages :D
En fait, l'auteur nous raconte son histoire à travers les yeux des trois personnages principaux du roman, chacun racontant ce qu'il vit, ce qu'il pense... Leurs témoignages se succèdent les uns les autres mais ne perturbent en rien la lecture. Le roman est en fait divisé en trois grandes parties, chacune contenant trois chapitres (chaque chapitre étant raconté par un des personnages).
Cette histoire traite de la confiance, du danger, de l'autonomie, de la sociabilisation, des responsabilités, e test ponctué par quelques touches de fantastique.
L'intrigue est vraiment prenante, et le roman se lit extrêmement rapidement (je ne sais pas si ce dernier point est positif ou plutôt négatif...).
Ma note: 19/20 !
Quand Edmée est revenue dans la pièce, je m'étais assis sur le canapé et je regardais la photo.
- Il fallait s'en douter... a dit Edmée.
Le son de sa voix laissait penser qu'elle était de meilleure humeur. J'ai tenté ma chance.
- Tu ne trouves pas qu'on dirait un oeil ? Regarde: un gros oeil avec une petite tâche.
- Un oeil comme le tien ?
Elle souriait. Mes affaires s'arrangeaient.
- Si tu veux.
- Pierre, m'a demandé Edmée qui ne s'intéressait pas à la photo, est-ce que ton père sait que tu es ici ?
- Je ne crois pas. Mais il ne risque pas de le savoir, il travaille très tard ce soir. Je serai revenu quand il rentrera.
- Et Clara ?
- Elle est malade.
Edmée m'a pris par les épaules, elle m'a tourné vers elle et elle m'a regardé bien droit dans la figure.
- Je ne veux plus que tu viennes. Je ne veux plus que tu fasses le trajet seul. D'abord, je ne t'ai pas invité. Ensuite, il n'y a rien pour toi ici.
Les larmes me sont montées aux yeux et j'ai eu besoin de toute ma force pour les garder au bord de mes paupières.
- Il y a toi, ai-je dit.
Edmée a eu l'air troublée. Mes larmes sont reparties d'où elles venaient et à leur place m'est venue une assurance toute neuve.
- Chez moi non plus, il n'y a rien pour moi. En plus, je suis tout seul. Pourquoi tu ne veux pas que je vienne chez toi? Je ne te dérangerai pas. Tu pourras me mettre dans un coin, je resterai tranquille.
Comme elle ne disait toujours rien, j'ai continué.
- Je ne viendrai pas tous les soirs. Si tu veux m'inviter, je viendrai juste quand tu me le demanderas.
Edmée m'a lâché les épaules.
- Ca suffit. D'abord je ne sais pas si j'ai envie que tu te colles à moi comme une moule à son rocher. Ensuite je me demande sous quel prétexte je t'inviterai...
- Dis à mon père que tu me donnes des cours de maths.
- Tu es mauvais en maths ?
- Non mais je peux le devenir.
Elle a repris son visage fâché.
- Pierre, écoute-moi bien: je t'interdis de revenir. Je t'interdis d'avoir de mauvaises notes en maths. Je t'interdis de prendre le métro sans l'autorisation de ton père.
J'ai regardé mes pieds. J'avais l'air humble. Je sentais qu'elle n'était pas aussi furieuse qu'elle s'en donnait l'air.
- Maintenant, tu vas remettre ton manteau et je vais te ramener chez toi.
- Je peux rentrer tout seul, je connais le chemin.
- Tais-toi et prends ton manteau.
J'ai relevé la tête.
- J'ai faim, Edmée. Tu peux me donner un petit truc à maner avant de me ramener ?
Voilà comment j'ai dîné la première foischez Edmée. Ensuite, nous avons pris ensemble le métro. Nous n'avons pas beaucoup parlé. Je n'osais pas et de toute façon elle chantonnait tout le temps. Elle m'a laissé au pied de mon immeuble. Devant la porte, j'ai promis d'être sage et patient. J'ai menti. C'était une promesse en l'air, une promesse extorquée dans la nuit. Les serments forcés ne comptent pas. Je suis revenu chez elle. Je suis revenu de nombreuses fois, et elle a été bien obligée de m'aimer.


