Les yeux d'or (Marie Desplechin)

Les yeux d'or (Marie Desplechin)
Livre pour adolescent

Résumé du livre:

La police du pays entier est mobilisée depuis dix jours.
Un petit garçon de 10 ans a disparu. La dernière fois qu'il a été aperçu, il était en compagnie d'une quasi-inconnue, une certaine Edmée.
Son père, directeur de l'Observatoire de Paris, qui l'élève seul, l'avait confié à l'improviste, un soir de désarroi, à cette opticienne-astronome venue régler certaines lentilles délicates. Elle lui inspirait confiance. Depuis, l'enfant la revoyait de temps en temps.
Edmée est spéciale, elle est bizarre, témoignent ses ex-collègues. Méticuleuse mais silencieuse. Secrète. On l'a vue subtiliser des clichs d'étoiles et de météorites. Elle a été licenciée depuis.
Qui est-elle vraiment ? Une illuminée ? Une vulgaire kidnappeuse ? Une espionne ?
Ou fait-elle partie de ces êtres qui traversent la vie des autres, comme des comètes, pour leur permettre d'accomplir une tâche, un destin, des retrouvailles ?


Mon avis:

Un magnifique roman pour adolescents ! Je l'ai adoré ! Je l'ai dévoré ^^ On est plongés dans une intrigue du début à la fin, ne recueillant des informations nous permettant d'élucider certains points obscurs qu'au compte-gouttes... Un personnage énigmatique, mais surtout une histoire racontée par trois personnages :D
En fait, l'auteur nous raconte son histoire à travers les yeux des trois personnages principaux du roman, chacun racontant ce qu'il vit, ce qu'il pense... Leurs témoignages se succèdent les uns les autres mais ne perturbent en rien la lecture. Le roman est en fait divisé en trois grandes parties, chacune contenant trois chapitres (chaque chapitre étant raconté par un des personnages).
Cette histoire traite de la confiance, du danger, de l'autonomie, de la sociabilisation, des responsabilités, e test ponctué par quelques touches de fantastique.
L'intrigue est vraiment prenante, et le roman se lit extrêmement rapidement (je ne sais pas si ce dernier point est positif ou plutôt négatif...).
Ma note: 19/20 !


Un extrait (partie 1, chapitre de Pierre, pages 57-60)

Quand Edmée est revenue dans la pièce, je m'étais assis sur le canapé et je regardais la photo.
- Il fallait s'en douter... a dit Edmée.
Le son de sa voix laissait penser qu'elle était de meilleure humeur. J'ai tenté ma chance.
- Tu ne trouves pas qu'on dirait un oeil ? Regarde: un gros oeil avec une petite tâche.
- Un oeil comme le tien ?
Elle souriait. Mes affaires s'arrangeaient.
- Si tu veux.
- Pierre, m'a demandé Edmée qui ne s'intéressait pas à la photo, est-ce que ton père sait que tu es ici ?
- Je ne crois pas. Mais il ne risque pas de le savoir, il travaille très tard ce soir. Je serai revenu quand il rentrera.
- Et Clara ?
- Elle est malade.
Edmée m'a pris par les épaules, elle m'a tourné vers elle et elle m'a regardé bien droit dans la figure.
- Je ne veux plus que tu viennes. Je ne veux plus que tu fasses le trajet seul. D'abord, je ne t'ai pas invité. Ensuite, il n'y a rien pour toi ici.
Les larmes me sont montées aux yeux et j'ai eu besoin de toute ma force pour les garder au bord de mes paupières.
- Il y a toi, ai-je dit.
Edmée a eu l'air troublée. Mes larmes sont reparties d'où elles venaient et à leur place m'est venue une assurance toute neuve.
- Chez moi non plus, il n'y a rien pour moi. En plus, je suis tout seul. Pourquoi tu ne veux pas que je vienne chez toi? Je ne te dérangerai pas. Tu pourras me mettre dans un coin, je resterai tranquille.
Comme elle ne disait toujours rien, j'ai continué.
- Je ne viendrai pas tous les soirs. Si tu veux m'inviter, je viendrai juste quand tu me le demanderas.
Edmée m'a lâché les épaules.
- Ca suffit. D'abord je ne sais pas si j'ai envie que tu te colles à moi comme une moule à son rocher. Ensuite je me demande sous quel prétexte je t'inviterai...
- Dis à mon père que tu me donnes des cours de maths.
- Tu es mauvais en maths ?
- Non mais je peux le devenir.
Elle a repris son visage fâché.
- Pierre, écoute-moi bien: je t'interdis de revenir. Je t'interdis d'avoir de mauvaises notes en maths. Je t'interdis de prendre le métro sans l'autorisation de ton père.
J'ai regardé mes pieds. J'avais l'air humble. Je sentais qu'elle n'était pas aussi furieuse qu'elle s'en donnait l'air.
- Maintenant, tu vas remettre ton manteau et je vais te ramener chez toi.
- Je peux rentrer tout seul, je connais le chemin.
- Tais-toi et prends ton manteau.
J'ai relevé la tête.
- J'ai faim, Edmée. Tu peux me donner un petit truc à maner avant de me ramener ?

Voilà comment j'ai dîné la première foischez Edmée. Ensuite, nous avons pris ensemble le métro. Nous n'avons pas beaucoup parlé. Je n'osais pas et de toute façon elle chantonnait tout le temps. Elle m'a laissé au pied de mon immeuble. Devant la porte, j'ai promis d'être sage et patient. J'ai menti. C'était une promesse en l'air, une promesse extorquée dans la nuit. Les serments forcés ne comptent pas. Je suis revenu chez elle. Je suis revenu de nombreuses fois, et elle a été bien obligée de m'aimer.

# Gepost op dinsdag 14 juli 2009, 06u44

Gewijzigd op dinsdag 14 juli 2009, 07u23

Bjorn aux enfers - Tome 2 : La mort du loup (Thomas Lavachery)

Bjorn aux enfers - Tome 2 : La mort du loup (Thomas Lavachery)
<< Ce que vous avez traversé avant, toi et tes amis, ce n'était rien: une promenade de santé. Et je ne plaisante pas...>> Malgré les avertissements du fantôme de grand-père Sigur, souvenez-vous avec quelle détermination le Morphir et ses compagnons s'étaient engouffrés dans le trou puant de la Porte des Enfers, à la fin du premier tome de Bjorn aux Enfers [ * ].
De l'autre côté, les galeries étouffantes ont cédé la place aux étendues glacées peuplées de créatures infernales... Les serpents de morve, les terribles aplatisseurs aux pattes en forme de pilon et les fouines suceuses de sang harcèlent les membres de la troupe. Bjorn et ses compagnons serrent les rangs, toujours prêts à risquer leur vie pour sauver l'un des leurs.
Malgré leur bravoure, la traversée de ce premier étage des enfers s'annonce impossible sans l'aide de ses habitants, les mystérieux petchégols. Eux seuls connaissent les secrets des flammes grises, des âmes libérées et des aplatisseurs.
Entre leur chef incontesté, la vieille Ama, qui mène son monde avec une ferme douceur, et le jeune Bjorn le Morphir, va naître une amitié au-delà des mots...



Un extrait (pp. 17-19) :

"Rassurer quelqu'un pour qui l'on éprouve une peur extrême, voilà bien une tâche difficile. Non seulement elle demande un grand sang-froid, mais il y faut aussi le talent de l'acteur. Le regard terrorisé de Sigrid me révéla à quel point j'avais été mauvais.
Au bout du filet de bave verte qui descendait lentement du menton de Sigrid, j'aperçus une petite boule piquée de deux points noirs.
- Une tête, songeai-je avec horreur.
Sans hésiter, je tendis la main pour attraper la chose.
- N'y touchez pas! dit une voix caverneuse.
C'était mon grand-père Sigur, parlant depuis l'intérieur de Sigrid.
La chose tomba finalement par terre ; elle prit une forme allongée et se mit à ramper à vive allure. Le contact de son corps chaud avec la glace produisait une vapeur épaisse et malodorante.
- Attention ! cria Sigur, en reparaissant à mes yeux.
- Attention ! répétai-je.
Mais il était trop tard. Le serpent de morve grimpait déjà le long de la botte de Svartog. Le demi-hirogwar avait beau agiter sa longue jambe d'échassier, rien n'y faisait.
- Qu'il bouche son nez et ses oreilles, qu'il ferme la bouche ! hurla Sigur en planant vers Svartog.
[...]Le serpent lâcha finalement prise ; il se jeta dans le vide, tomba sur le sol avec un bruit mou, et aussitôt repartit. Cette fois, il rampait dans ma direction. Il allait toucher ma chaussure quand Daphnir sauta sur lui toutes griffes dehors. Il lui asséna deux, trois coups de pattes assez maladroits, puis, à la stupéfaction générale, il l'avala.
Sa bedaine tressauta, se tendit et se détendit plusieurs fois de suite... Nous entendîmes un léger gargouillis, et ensuite plus rien.
Daphnir plissa les yeux d'un air satisfait ; il se lécha tranquillement les pattes pour enlever la matière gluante qui s'y était collée. Quand il eut terminé, il nous gratifia d'un sourire, l'un de ces sourires angéliques et radieux dont seul un dragon repu est capable."


Ma note et mon avis:

Je commencerai par rappeler que ce livre est la suite de Bjorn aux Enfers - Tome 1 : Le prince oublié [ * ici * ].
Ce troisième tome est à la hauteur des précédents, un vrai régal. Thomas Tout comme dans les précédents, Thomas Lavachery allie aventure, romance, amitié, horreur, humour dans un seul et même roman. Il décrit les enfers et les créatures y vivant avec beaucoup de détails et parvient à faire entrer chaque créature dans l'histoire pour que chacune y joue un rôle, prenne part à l'aventure de Bjorn, Svartog, Sigrid, Ketill, Daphnir et Tyrfing :D Le début de ce roman m'a cependant semblé lent dans la progression des péripéties: la lenteur rendant la lecture parfois pénible, le début du roman m'a parfois ennuyée. Heureusement que vers le premier tiers, et ce jusqu'à la toute fin de ce roman, le petit groupe a subi toutes sortes d'attaques, et a dû se défendre, se débattre, apprendre des choses et rencontrer des gens, parfois tout en même temps, ce qui a eu pour effet plus que positif de tenir le lecteur en haleine 8-p jusqu'à la toute dernière page... Rendez-vous au prochain tome (tome 3: Au coeur de Tanarbrok ^^).
Ma note: 16/20
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# Gepost op dinsdag 14 juli 2009, 05u58

Gewijzigd op dinsdag 14 juli 2009, 06u34

Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture (Ellen Willer)

Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture (Ellen Willer)
Lire, Etienne a toujours détesté ça.
Les livres, c'était bon pour les autres, les premiers de la classe, sa mère, les filles, les profs. Lui, il avait mieux à faire.
Mais voilà que ses parents divorcent. Rien ne sera plus jamais comme avant. Alors, tant qu'à changer...
Le soir de l'annonce, seul, perdu, enfermé dans le bureau de sa mère, Etienne attrape un livre. Un recueil de nouvelles. Le titre de la première le fait sourire: Un jour rêvé pour le poisson-banane. A la cinquième ligne, le mot "sexe" l'accroche.
Et c'est parti. Etienne plonge dans l'histoire. Il se distrait de la sienne. Il devient curieux des livres, amoureux des livres. Au point d'avoir envie d'en écrire un.



Mon avis sur le bouquin


J'ai adoré cette lecture, malgré mon cepticisme de départ... Un titre trop évocateur, et surtout trop stéréotypé ; une couverture qui peut dire tout et rien à la fois ; une quatrième de couverture moyenne et dont l'histoire entrevue semble trop prévisible...

Puis j'ai lu les quelques premières pages (que vous retrouvez ci-dessous), et l'auteur a trouvé le moyen, je ne sais trop comment, de me plonger (comme tout lecteur?) dans son histoire, dans sa vie, dans ses pensées, et surtout dans son évolution.
L'histoire est celle d'un adolescent qui découvre toutes sortes d'éléments de la vie à peu près au même moment: la lecture, l'amour, l'attirance, le sexe, l'écriture, l'envie, le divorce, ... ^^ Toutes sortes de facettes de la vie que les adolescents découvrent !
Seul point négatif: la fin :( Le héros de l'histoire dit d'emblée qu'il a achevé sa fin de cette façon peut subtile, malgré le fait que sa fin soit clairement annoncée comme non-réelle (elle ne s'est pas concrètement passée dans la vie du héros, mais il y a songé).

Maintenant, étant donné qu'il précise clairement que sa fin sera moyenne et imaginaire, j'ai très envie de donner à ce roman pour adolescents une note de 16/20 ! Car j'ai vraiment passé un très agréable moment à le lire :D et que l'auteur a su inviter le lecteur à intégrer pleinement le récit, à y prendre part et à se sentir impliqué dans ce qui s'y passe.



Extrait Incipit Extrait


Bonjour,
Je suis assez intimidé à l'idée de vous envoyer ces pages. Je n'ose pas dire roman. Optons pour manuscrit.
Je pensais au départ vous l'expédier par la poste, mais, c'est peut-être idiot, je me dis que si je vous le dépose, il arrivera plus vite à vous. Alors tout à l'heure, juste après les cours, je prends le métro, je change à La Motte-Picquet, j'arrive à Sèvres-Babylone, je prends la rue de Sèvres, je lâche l'objet à la réception, autant dire dans la nature.
Et voilà je travail.
Je ne connais personne dans l'édition. Il paraît que ce n'est pas facile de se faire publier. Mais je m'en fous. J'essaie.
De toute façon, ce qui compte, c'est que ce petit paquet de feuilles existe. Pour vous, c'est un petit paquet de feuilles en plus au milieu de plein d'autres qui doivent couvrir vos bureaux. Pour moi, il a quelque chose d'assez ironique.
Parce que, il n'y a pas si longtemps, les livres et moi, c'était plutôt la haine. J'ai toujours eu les livres en horreur. Et voilà que je me mets non seulement à lire, mais en plus à écrire.
Comment c'est venu ? Comme toutes les choses qui ont de l'importance dans une vie: par hasard. Je dis cela avec beaucoup d'aplomb, comme si j'avais une grande expérience de tout. En réalité, j'ai seize ans, et je ferais peut-être mieux d'un peu moins la ramener.
Mais si ce n'est pas maintenant que j'ai des certitudes, je me demande bien quand. J'ai l'impression que plus on vieillit, moins on en a... Et voilà que je recommence à pontifier.
J'aimerais vous dire que c'est bien. Mais je n'en suis pas sûr (comme argument convaincant, on ne fait pas mieux, non?). Pour le moment, à part moi qui l'ai lu, et même souvent relu, personne. Je n'ai osé le montrer à personne.
Tant qu'à faire de trouver le courage, autant que ce soit avec quelqu'un qui s'y connaît.
Ce que je trouve bien dans mon histoire (à part que c'est la mienne, et qu'elle m'intéresse forcément...), c'est que beaucoup de garçons et de filles de mon âge vont pouvoir s'y retrouver.
Pour le reste, je veux dire l'écriture, j'ai des doutes. Je sais qu'il n'y a pas assez de dialogues, que le style n'est pas parfait, même si je me suis usé à relire et à corriger. Mais peut-être que ça n'a pas tant d'importance. Bon, là, on peut dire que j'ai tout fait pour vous donner envie de le lire et de l'aimer...
Visiblement, je ne suis pas très bon pour me vendre. Mais je ne cherche pas à me vendre. Juste à me raconter.
Si vous ne le publiez pas, ce ne sera pas un drame: je serai déçu et je vous maudirai pendant quelques jours, peut-être même que je vous traiterai de tous les noms, mais, même si je dois renoncer à me dire écrivain, je m'en remettrai.
Ce petit paquet de feuilles existe, et c'est ce qui compte, car il me permettra, plus tard, de me souvenir comment je suis passé, presque sans transition, de l'enfance à l'âge adulte.
Je pense que là il est temps de dire quelque chose à propos des salutations...

Etienne hoffman
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# Gepost op woensdag 01 juli 2009, 08u33

Gewijzigd op dinsdag 14 juli 2009, 05u57

Je l'aimais (Anna Gavalda)

Je l'aimais (Anna Gavalda)


<<On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder...>>

A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - quel'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. A sa manière: plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.



°°° AVIS °°°

J'ai eu du mal à me faire à son style d'écriture, au départ...
Mais bon ! après quelques pages, j'y ai trouvé un certain charme. Simple, franche, directe, Anna Gavalda raconte la vie sous ses aspects les plus tragiques et injustes, et y mêle ses aspects les plus beaux...
Euh oui, c'est bien connu, l'amour fait souffrir, mais l'amour est un sentiment tellement merveilleux qu'on est prêt à l'endurer pour goûter aux instants de bonheur qu'il procure.

Un beau roman qui pourrait remettre les pendules à l'heure de certains, et en guider d'autres dans des décisions, des choix de vie parfois difficiles à faire, à prendre.

Je trouve qu'il permet au lecteur de situer par rapport à lui-même et à sa propre situation sentimentale...
Ma note: 16/20 ;)


°°° EXTRAIT °°°


Désolée, mais un extrait ne serait pas pertinent, car l'histoire se suit et n'en extraire qu'une partie retirerait tout son charme au décor en lui-même et à la personnalité complexe des personnages qui se construit au fur et à mesure des mots :D

# Gepost op woensdag 24 juni 2009, 09u16

Gewijzigd op woensdag 24 juni 2009, 09u37