Daniel Pennac

Daniel Pennac


_______Daniel Pennac est né en 1944, au Maroc, à Casablanca, dans une famille de militaires. Il a passé son enfance au gré de garnisons en Afrique et en Asie du Sud-Est, avant d'obtenir, à Nice, une maîtrise de lettres et d'opter pour l'enseignement.


_______Il vécut ensuite dans le sud de la France, obtint son premier poste d'enseignant en 1970 à Soissons, avant de s'installer définitivement à Belleville, quartier populaire et cosmopolite de Paris qui constitue le cadre de la saga des Malaussène qui a établi sa notoriété.


_______Romancier, professeur de français et lecteur passionné, auteur à succès d'une saga policière aux personnages aussi fantasques qu'attachants, Daniel Pennac est l'un des auteurs français les plus traduits et les plus lus dans le monde.


_______« Quand on veut être romancier, il faut raconter des histoires. (...) Qu'ensuite ces histoires génèrent du sens ou pas, c'est l'affaire du lecteur, et éventuellement celle de l'auteur de distiller le sens qu'il veut. Mais ce qui me plaît, c'est de faire plaisir en racontant des histoires. » (Les Inrockuptibles, janvier-février 1992, n°33, p.128-133).









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_______ Cabot-Caboche (1982)
__________ L'oeil du loup (1984)
_____________ Au bonheur des Ogres (1985)
________________ La e carabine (1987)
___________________ La petite marchande de prose (1989)
______________________ Comme un roman (1992)
_________________________ Monsieur Malaussène (1995)
____________________________ Des Chtiens et des Maures (1996)
_______________________________ Monsieur Malaussène au théâtre (1996)
__________________________________ Aux fruits de la passion (1999)
_______________________________ Messieurs les enfants (1997)
____________________________ Le dictateur et le hamac (2003)
_________________________ Merci : Suivi de Mes italiennes (2004)
______________________ Ecrire (2007)
___________________ Kamo - L'idée du siècle (2007)
________________ Kamo - Kamo et moi (2007)
_____________ Kamo - L'agence Babel (2007)
__________ Kamo - L'évasion de Kamo (2007)
_______ Chagrin dcole (2007)

# Posté le samedi 09 août 2008 04:48

Modifié le samedi 04 octobre 2008 07:22

Le portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde)

Le portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde)

<< Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures. >>

Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé: garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint surla toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre: "Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer."

Et ce livre lui-même est double: il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique.



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Le début du roman est déjà plus que prometteur ... Les chapitres se laissent dévorer sans résistance ^^ Un pur plaisir de lecture !
Les péripéties et la fin du livre ont répondu à mes attentes avec des petits plus, des petites surprises fréquentes tout au long de l'évolution du "mystérieux" Dorian Gray. Une fin un rien tragique et laissant un voile de mystère sur les circonstances exactes de "la scène finale" (laissons planer un léger suspense pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu) qui n'ont pas été pour me déplaire ^^

[ Je me dois peut-être de préciser que ce roman est truffé de notes philosophiques en tous genres ... Les relever toutes serait un pillage, d'ailleurs que les sortir de leur contexte est une sorte de "meurtre de la citation" en elle-même, du moins pour la plupart d'entre elles, si tant est que sans leur environnement explicatif elles soient dénuées de sens. Mais, pour ma part, celles relevées ci-après sauront survivre sans leur environnement, et sont d'ailleurs, je pense, le meilleur moyen pour moi de vous faire découvrir le style de pensées développées dans Le Portrait de Dorian Gray, ainsi que le style d'écriture d'Oscar Wilde, sa façon de voir les choses, de les interpréter et de nous les rapporter... ]

Une note ... peut-être 17/20, au lieu d'un 18 que Wilde aurait tout aussi bien mérité. C'est que, vers le milieu du livre, un long chapitre (une vingtaine de pages si mes souvenirs sont exacts) traite d'un sujet qui m'a, je le reconnais, fortement ennuyée (au point que le sujet en question m'échappe ^^).

La petite touche finale... Dans ma version du roman de Wilde, l'histoire est précédée d'une introduction expliquant comment le livre avait été écrit. Cette introduction a vraiment éclairé ma lecture, car elle révèle que Wilde a écrit son livre en deux temps: un premier temps durant lequel la majeure partie des chapitres présents dans le livre racontent l'histoire de Dorian, et un second temps durant lequel Wilde s'est amusé à réinsérer des chapitres à travers tout son ouvrage de base. Ces chapitres secondaires (si on peut les nommer ainsi) parlent énormément de la vie dans les salons littéraires, ces petits endroits où les grands esprits se retrouvaient pour débattre du monde, refaire le monde, changer l'histoire. Secondaires pour l'introducteur (il exprime clairement son point de vue dans son introduction), mais plus que principaux pour moi, car ils relatent très sincèrement les pensées de l'époque. Un point de vue très instructif, et qui m'a personnellement réellement plu ! Car les pensées philosophiques sont toujours intéressantes, surtout écrites par la plume de Wilde xD


Extraits Citations Extraits


°°° Se consacrer à l'étude sérieuse du grand art de ne faire strictement rien.

°°° Si l'homme des cavernes avait su rire, l'Histoire n'aurait pas été la même.

°°° L'expérience n'a pas de valeur morale. C'est simplement le nom que les hommes donnent à leurs erreurs.

°°° Une fatalité pèse sur les bonnes résolutions: on les prend toujours trop tard.

°°° Le seul charme du passé, c'est qu'il est passé.
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# Posté le jeudi 07 août 2008 10:49

Modifié le samedi 27 septembre 2008 03:19

Comme un roman (Daniel Pennac)

Comme un roman (Daniel Pennac)
LES DROITS IMPRESCRIPTIBRES DU LECTEUR

1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit
de sauter des pages.
3. Le droit de ne
pas finir un livre.
4. Le droit de rel
ire.
5. Le droit de
lire n'importe quoi.
6. Le droit au bov
arysme
(maladie tex
tuellement transmissible)
7. Le droit d
e lire n'importe où.
8. Le droit de gra
piller.
9. Le droit
de lire à haute voix.
10. Le droit de n
ous taire.



Superbe lecture enseignant au lecteur que, face à un livre, il a tous les droits. Lorsque le lecteur a un livre en main, il peut en faire ce qu'il veut, le lire de quelque manière que ce soit, ou ne pas le lire tout simplement.
Chaque lecteu
r lit de façon personnelle, unique, et je dirais même que la façon dont il lit varie suivant le livre en lui-même et la façon dont il touche le lecteur :) dont ce dernier se sent lié à son bouquin.

Daniel Pennac a
trouvé le moyen d'expliquer tous ces droits du lecteur, de manière simple et expressive. Parfois répétitif dans ses formules, il n'en est pas moins instructif, révélateur et peut même, pour certains, devenir la clé d'une nouvelle perception de la Lecture :D
Car il faut rec
onnaître que certains lecteurs ont le livre en horreur, car ils se sentent obligés de le lire d'une certaine façon (celle qu'on leur a apprise), et qu'ils n'ont pas conscience que, face au livre, chaque lecteur est maître de sa propre lecture. L'école apprend aux élèves à lire d'une certaine manière, sans jamais évoquer le droit de lire d'une tout autre manière tout aussi efficace et instructive.
Voilà peut-
être un tort de l'enseignement, mais Daniel Pennac (sachant très bien de quoi il parle, pour avoir éprouvé ces difficultés, et pour ensuite avoir été prof et avoir eu ainsi l'opportunité d'observer chez d'autres ces mêmes difficultés face à la lecture) s'est chargé de révéler au grand jour ce qui fait qu'un livre est un livre, et non un objet que l'on ne peut acquérir qu'en observant à la lettre certaines règles pré-établies par d'autres.
Sans h
ésitations, tant pour le contenu que pour la forme, je donne à ce livre un 20/20.



Exergue
On est
prié (je vous supplie)
de ne pas utili
ser ces pages
comme
instrument
de tortu
re pédagogique.
D.P.


Chapitre 50
En ar
got, lire se dit ligoter.
En langage figu
ré un gros livre est un pavé.
Relâchez
ces liens-là, le pavé devient un nuage.

Chapitre 57
Voilà
pour le << livre >> .
Passons au lecte
ur.
Parce que, plus
instructives encore que nos façons de traiter nos livres, il y a nos façons de les lire.
En matièr
e de lecture, nous autres << lecteurs >> , nous nous accordons tous les droits, à commencer par ceux que nous refusons aux jeunes gens que nous prétendons initier à la lecture.

1) Le droit de ne
pas lire.
2) Le dro
it de sauter des pages.
3) Le droit de
ne pas finir un livre.
4) Le droit de r
elire.
5) Le droit
de lire n'importe quoi.
6) Le droit au
bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7) Le droit
de lire n'importe où.
8)
Le droit de grapiller.
9) Le droi
t de lire à haute voix.
10) Le droit de
nous taire.

Je m'
en tiendrai arbitrairement au chiffre 10, d'abord parce que c'est un compte rond, ensuite parce que c'est le nombre sacré des fameux Commandements et qu'il est plaisant de le voir pour une fois servir à une liste d'autorisations.
Car s
i nous voulons que mon fils, que ma fille, que la jeunesse lisent, il est urgent de leur octroyer les droits que nous nous accordons.

10
Le droit de nous t
aire

L'homme constru
it des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel. Il habite en bande parce qu'il est grégaire, mais il lit parce qu'il se sait seul. Cette lecture lui est une compagnie qui ne prend la place d'aucune autre, mais qu'aucune autre compagnie ne saura remplacer. Elle ne lui offre aucune explication définitive sur son destin mais tisse un réseau serré de connivences entre la vie et lui. Infimes et secrètes connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu'elles éclairent l'absurdité tragique de la vie. En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges que nos raisons de vivre. Et nul n'est mandaté pour nous réclamer de comptes sur cette intimité-là.

Les rare
s adultes qui m'ont donné à lire se sont toujours effacés devant les livres et se sont bien gardés de me demander ce que j'y avais compris. A ceux-là, bien entendu, je parlais de mes lectures. Vivants ou morts, je leur donne ces pages.

# Posté le jeudi 07 août 2008 10:49

Modifié le vendredi 27 mars 2009 13:46

Seras-tu là ? (Guillaume Musso)

Seras-tu là ? (Guillaume Musso)






Et si l'on nous donnait
la chance de revenir en arrière ?


Elliott, médecin réputé, père comblé, ne s'est jamais consolé de la disparition d'Ilena, la femme qu'il aimait, morte il y a trente ans.
Un jour, par une circonstance extraordinaire, il est ramené dans le passé et rencontre le jeune homme qu'il était alors.
Les années 1970 battent leur plein à San Francisco, Elliott est un jeune médecin passionné et plein d'ambition. Fera-t-il cette fois le geste décisif qui pourrait sauver Ilena ? Saura-t-il modifier son implacable destin ?


"(...) un cocktail explosif de suspense et d'imagination" (Edouard Dutour, ELLE)

"Guillaume Musso manie l'art du suspense avec l'efficacité de ces maîtres du thriller américain" (Anne Berthod, L'Express)










°°° AVIS °°°

Deuxième roman de Guillaume Musso qui, tout comme le premier, ne m'attirait pas de premier abord (mais bon, tout le monde parle de lui, de ses fabuleux romans, il était donc normal d'au moins en lire un pour avoir un avis à donner lors des soirées durant lesquelles ses fans parleraient inlassablement de lui et de ses ouvrages - puis un deuxième en cours de lecture, histoire de dire qu'on n'a pas lu qu'UN roman, mais déjà DEUX, puis peut-être un troisième à envisager selon l'humeur du moment ... ).
Une couverture qui ne paie pas de mine, une quatrième de couverture qui ne me branchait pas, un contenu divisé en deux parties (le passé, le présent / le présent, le futur / suivant la façon dont on interprète l'histoire), et au début de ma lecture: surprise ! je me surprends à dévorer les pages les unes après les autres ...

Concrètement, le récit est génial, bien ficellé, plein de suspens, mais il y a néanmoins l'une ou l'autre petites choses qui m'ont un rien moins plu, à la fin du roman. La première étant la façon dont l'histoire s'achève, du point de vue d'Elliott. Sans trop entrer dans les détails, je n'ai pas dutout aimé la façon dont il s'est permis de réorganiser la vie de son "lui à 30 ans", lui interdisant certaines choses et l'obligeant à faire d'autres choses. La seconde n'est autre que l'inévitable "fin", un peu trop ouverte à mon goût, un peu trop "facile" ... Comme si Musso en avait un peu marre de "traîner ce roman en longueur" et qu'il décide de clôturer le tout d'une seule phrase. Deux trois lignes de plus m'auraient plu, histoire d'avoir quelques détails sur ce qui allait se passer par la suite, et non en nous laissant un total champ libre niveau imagination comme il l'a fait...

Je ne dis pas que je n'aime pas les romans qui laissent une fin en suspend, fin grâce à laquelle chaque lecteur peut clôre la vie de ses personnages à sa manière ; mais simplement qu'il y a une différence entre "un champ d'ouverture laissant libre imagination au lecteur" et une "non-fin" ... Musso avait-il prévu de donner une suite à ce roman ?? Si tel était son intention, il est pardonné, et la suite attendue avec impatience, car il est sans dire que la trame de l'histoire était vraiment surprenante de part en part. [Juste cette dernière phrase qui m'a déçue, pour résumer mon idée]
°°° 17/20 °°°


°°° EXTRAIT °°°


Chapitre 1 - PREMIERE RENCONTRE (p.21)
[...] Elliott fronça les sourcils. Que faisait ce type, pieds nus et en pyjama, à une heure aussi tardive, au milieu de l'aéroport? [...] Lorsqu'il fut à moins de trois mètres, il comprit enfin ce qui l'avait tant troublé: cet homme lui rappelait étrangement son père, mort cinq ans plus tôt d'un cancer du pancréas. Déconcerté, il se rapprocha encore. [...]
- Je peux vous aider, monsieur ?
[...] L'autre se contenta de murmurer:
- Elliott ...
Comment connaissait-il son nom ? Et cette voix ...
[...] Hébété et bien conscient de l'absurdité de la question, Elliott ne put s'empêcher de demander, la voix étranglée par l'émotion:
- Papa ?
- Non, Elliott, je ne suis pas ton père.
Bizarrement, cette réponse rationnelle ne le rassura pas le moins du monde, comme si un pressentiment lui avait soufflé que le plus étonnant restait à venir.
- Alors, qui êtes-vous ?
L'homme posa la main sur son épaule. Une lueur familière brilla dans ses yeux, et il hésita quelques secondes avant de répondre:
- Je suis toi, Elliott ...
Le médecin recula d'un pas puis se figea comme foudroyé ; l'homme termina sa phrase:
- ... je suis toi, dans trente ans.

# Posté le vendredi 01 août 2008 08:11

Modifié le vendredi 15 août 2008 05:11