Parce que je t'aime (Guillaume Musso)

Parce que je t'aime (Guillaume Musso)

Layla, petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles.
Ses parents, brisés, finissent par se séparer.
Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où l'on avait perdu sa trace.
Elle est vivante mais reste plongée dans un étrange mutisme.
A la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations: où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout: pourquoi est-elle revenue ?



L'avis des professionnels:
Une histoire d'amour envoûtante, un livre profondément humain qui vous plonge dans le mystère et le suspense, un dénouement que vous n'oublierez pas.
"Musso montre qu'il est passé maître dans l'art du mystère" (Paris Match)
"Un dénouement ahurissant" (Gala)
"Chez Musso, l'émotion a des accents majeurs" (Le Figaro Magazine)

Mon avis:
Première lecture de Guillaume Musso, qui m'a vraiment bluffée ! Tout au long de ma lecture, je me suis demandé comment allait se terminer l'histoire. Des éléments nouveaux apparaissent à chaque chapitre, obligeant le lecteur a abandonner les suppositions qu'il avait imaginées quant à la fin de l'histoire pour s'orienter vers une autre... Cependant, la finale telle qu'elle a été imaginée par l'auteur est inattendue, haute en couleurs cependant, et surtout, même si elle n'était pas celle espérée/attendue/imaginée, elle reste magnifique et pleine de surprises de toutes tailles...

Ma note:

18/20


Extrait (pp. 50-51):
Il n'a pas revu sa femme depuis Noël. A présent, il ne ressemble plus à rien. Les cheveux fous, le regard éteint, le visage incrusté de crasse, il a quitté depuis longtemps le monde des vivants pour évoluer dans un brouillard permanent, dernière étape avant la chute.
Vous avez un nouveau message.
La voix métallique dans le combiné n'éveille rien en lui jusqu'à ce que...
- Mark ? C'est moi...
Cette voix, par contre, il la reconnaît: c'est celle de sa femme. Malgré son esprit embrumé, il devine des sanglots dans sa voix.
- Rappelle-moi, c'est urgent.
Un court silence, puis:
- Il faut que je te dise quelque chose...
A ce moment-là, Mark est persuadé que Nicole va lui annoncer la découverte du cadavre de Layla. Il a soudain une vision atroce: un ogre, une bête, une petite fille qui hurle à travers la nuit, mais...
- C'est toi qui...
Il ne parvient plus à respirer. Les battements de son coeur résonnent dans ses tempes.
- ... c'est toi qui avais raison, reprend-elle.
Nouveau silence. Cette fois, il ne croit plus rien, il ne comprend plus rien. Puis:
- Ils l'ont retrouvée...
Il ferme les yeux, trouve la force de murmurer une prière sans trop savoir à qui l'adresser.
- Elle est vivante, Mark.
Une onde brûlante parcourt son corps et le terrasse. A présent, c'est lui qui pleure.
- Layla est vivante.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 12:13

Modifié le samedi 05 juillet 2008 12:43

Attirances (Didier Van Cauwelaert)

Attirances (Didier Van Cauwelaert)




Un écrivain harcelé par l'étudiante qui lui consacre une thèse ; un peintre qui s'accuse de tuer les femmes à distance avec ses pinceaux ; une maison qui envoûte jusqu'à la folie ceux qui s'y attachent ...


Faut-il résister à l'attirance ?
Et si on y cède, est-ce pour se fuir ou pour se retrouver ?


Liés par un même secret, trois passions vénéneuses où culmine le talent d'un des plus grands auteurs français d'aujourd'hui.




Trois petits récits du genre de la nouvelle à peu de choses près, très bien ficelés et aux fins inattendues: de quoi plaire à tous.

1. Vous êtes mon sujet: Thriller humoristique dans lequel les rebondissements se succèdent rapidement, menant le lecteur de part et d'autre du récit sans qu'il ait le temps de songer aux possibles dénouements de l'intrigue.

Extrait (p. 29): Elle ouvre sa porte, enchaîne:
- Ce n'est pas contre vous, mais j'ai du travail. Vous aussi, maintenant que je vous ai réactivé.
- C'est fini, Mathilde, c'est clair ? Mettez-vous bien ça dans le crâne: mon oeuvre est finie, j'en ai plus rien à foutre ! Pendant trente ans, je me suis bousillé la santé et le moral à retourner le stylo dans mes plaies ; aujourd'hui je suis riche, respecté, cardiaque, et je veux profiter des quelques années qui me restent pour dépenser mon fric, apprécier les honneurs, me faire plaisir, humilier ceux qui me lèchent les bottes et me laisser porter par la vie: je n'écrirai plus jamais une ligne. Trouvez-vous un autre sujet.
Elle secoue la tête, doucement, tapote la poignée de sa porte avec un air paisible.
- Vous ne pensez pas un mot de ce que vous dites. Et puis de toute façon c'est trop tard: j'ai tout misé sur vous et nous irons jusqu'au bout.
- Jusqu'au bout de quoi ?


2. Attirance: Thriller se déroulant dans les domaines carcéral et artistique, basé sur le suspens et les croyances en certains faits inexpliqués par la raisonnabilité mais plutôt par le surnaturel. Très belle intrigue, et dénouement encore une fois inattendu.

Extrait (pp. 90-91):
- Que puis-je pour vous, madame la juge ?
- Avez-vous déjà détruit l'une de vos oeuvres ?
- Pourquoi, j'aurais dû ?
- Que se passerait-il si l'on détruisant les portraits des deux disparues ?
Le visage de Jef se durcit. Il détourna la tête.
- Je n'ai pas bien entendu la réponse.
- Je commence à m'inquiéter un peu pour vous, Delphine Kern. Vous ne devriez pas trop fréquenter les voyantes. Vous croyez réellement que je suis une espèce de sorcier qui jette un sort à ses modèles, et qu'il suffit de broyer mes tableaux avec un signe de croix et une gousse d'ail pour faire réapparaître les filles ? [...] Vous me faites de la peine, Delphine, vous savez ? Vous aviez
une manière de m'aider à comprendre ce qui se passe en moi, une seule, et vous n'y avez jamais pensé.
- Laquelle ?
- Poser pour moi.


3. La maîtresse de maison: Suspense dont l'intrigue porte sur une maison qui, à première vue, semble inhabitée ... On pourrait même parler d'un roman policier si l'on tient compte des enquêtes que mène le personnage principal pour identifier la propriétaire de la Villa Marine. Qui est Marine? Est-elle toujours en vie? Pourquoi est-il à ce point attiré par cette villa? Quel mystère plane autour ? Magnifique suspense qui laisse le lecteur en interrogation quant au dénouement de l'histoire (encore une fois inattendue).

Extrait (pp. 179-180):
- Début septembre, tout le monde sera évacué de la zone. Ne vous attardez pas, monsieur. Vous ne pouvez rien pour celle que vous appelez Marine.
- C'est quoi, l'histoire de la maison ?
L'hésitation a laissé place à une sorte de délivrance, à mesure qu'il parlait.
- Un drame, autrefois. Pendant la guerre. Depuis, vous tombez comme des mouches. Des mouches dans une toile d'araignée. La maison répète inlassablement la même histoire: l'amour, les meurtres, les viols... Avec des jeunes filles comme appâts. Aussi envoûtées que vous pouvez l'être... On n'attrape pas des mouches avec du vinaigre.
Mes doits se serrent sur le rebord de la table.
- Et vous ne faites rien ?
Il croise les mains dans son dos pour retirer sa chasuble.
- Un exorcisme, vous voulez dire ? On me l'a demandé, plusieurs fois, ça n'a servi à rien. Ce qui se passe là-bas n'a rien à voir avec le diable. Ce n'est pas une force du mal qui s'empare des gens, c'est une force d'amour. Confiance, trahison, désespoir... Ce que vous en faites ne dépend que de vous. C'est trop facile d'accuser l'invisible.
Il rouvre sa valise, y range sa chasuble et son aube. Il est en polo gris.
- Les vraies hantises sont les pulsions humaines que vous projetez. Ce sont les vivants qui hantent les maisons, monsieur, qui réveillent leur passé et perturbent les morts. Faites votre examen de conscience.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Il nous arrive ce qui nous ressemble.
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# Posté le samedi 14 juin 2008 04:15

Modifié le mardi 22 juillet 2008 10:57

La princesse de Clèves (Madame de La Fayette)

La princesse de Clèves (Madame de La Fayette)
'La Princesse de Clèves' montre l'effet ravageur de la passion dans une âme qui se veut maîtresse d'elle-même. De la première rencontre avec le duc de Nemours jusqu'à la fuite finale dans le 'repos', en passant par un aveu qui cause la mort de son mari, Mme de Clèves assiste lucidement à une déroute contre laquelle ses raisonnements restent impuissants.


J'ai personnellement trouvé ce roman lourd du début à la fin de ma lecture: le style d'écriture est tel qu'il me semblait avancer extrêmement lentement dans ma lecture, de lire phrase par phrase des données qui me semblaient inutiles pour l'histoire en elle-même, d'avoir passé une éternité à lire chacune des parties alors qu'il ne s'agissait que de quelques heures (ce qui est malgré tout anormalement long pour un roman de cette longueur).
Cependant, l'histoire en elle-même est superbe ! Une adaptation cinématographique me semble donc appropriée pour ce roman ^^ d'autant que les personnages ont des personnalités complexes qui sont difficiles à interpréter d'un seul coup d'oeil... Un vrai travail d'analyse est à faire pour entrer pleinement dans le récit: voilà peut-être la raison de cette lenteur de lecture, avec un peu de recul.


"Mme de Clèves, en sortant de la lice, alla chez la Reine, l'esprit bien occupé de ce qui s'était passé. M. de Nemours y vint peu de temps après, habillé magnifiquement et comme un homme qui ne se sentait pas de l'accident qui lui était arrivé. Il paraissait même plus gai que de coutume ; et la joie de ce qu'il croyait avoir vu, lui donnait un air qui augmentait encore son agrément. Tout le monde fut surpris lorsqu'il entra, et il n'y eut personne qui demeura auprès de la cheminée sans faire semblant de le voir (= en faisant semblant de ne pas le voir). Le Roi sortit d'un cabinet où il était et, le voyant parmi les autres, il l'appela pour lui parler de son aventure. M. de Nemours passa auprès de Mme de Clèves et lui dit tout bas:
- J'ai reçu aujourd'hui des marques de votre pitié, Madame ; mais ce n'est pas de celles dont je suis le plus digne.
Mme de Clèves s'était bien doutée que ce prince s'était aperçu de la sensibilité qu'elle avait eue pour lui et ses paroles lui firent voir qu'elle ne s'était pas trompée. Ce lui était une grande douleur de voir qu'elle n'était plus maîtresse de cacher ses sentiments et de les avoir laissés paraître au chevalier de Guise. Elle en avait aussi beaucoup que M. de Nemours les connût ; mais cette dernière douleur n'était pas si entière et elle était mêlée de quelque sorte de douceur."

# Posté le samedi 14 juin 2008 04:14

Modifié le samedi 14 juin 2008 10:32

La secte des Egoïstes (Eric-Emmanuel Schmitt)

La secte des Egoïstes (Eric-Emmanuel Schmitt)


Et si la vie n'était qu'un songe? Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit?
A Paris, dans une salle du sous-sol de la Bibliothèque nationale, un chercheur découvre par hasard l'existence d'un excentrique, Gaspard Languenhaert, qui soutient cette philosophie "égoïste" dans les salons du XVIIIe siècle. Intrigué, il abandonne ses travaux et part à la recherche de ce penseur singulier.
Mystérieusement, toutes les pistes tournent court. Conspiration? Malédiction? Sur les traces de Languenhaert et de ses condisciples, de Paris à Amsterdam, c'est peut-être et surtout au fond de lui-même que notre chercheur enquête, emportant avec lui le lecteur dans des vertiges hallucinants.

Par sa culture joyeuse, ses qualités de facture, ses ruses stylistiques, M. Schmitt tend vers un modèle dont il n'est pas indigne: les romans-soties d'Italo Calvino. (Marc Lambron)

Tout le livre d'Eric-Emmanuel Schmitt est un inventaire brillant des infirmités de l'esprit. Rarement on a déployé aussi savamment les sortilège
s tout intellectuels de la raison pour en contester les pouvoirs. (Renaud Matignon)




Un excellent roman philosophique qui se lit sans peine, se comprend sans difficultés. Eric-Emmanuel Schmitt ynonce le rapport que l'homme a avec la nature. Il adopte un point de vue "Deep Ecology" (la nature avant l'homme, l'homme n'est pas le centre du monde), dénonce le mouvement humaniste du XVIIIe (le scle des Lumières mettant en avant l'homme et sa raison face à tout problème), etc. Un roman ba sur une réflexion profonde et réaliste des imperfections de notre "monde", ironique aussi, et rédigé avec class.



Extrait p 92 (livre de notes de Languenhaert):

Je les ai créés, pourquoi me font-ils souffrir?

Ils sont imparfaits, limités, finis... [...]

Pourquoi mes créatures me résistent-elles parfois, et pourquoi font-elles tout autre chose que ce que je voudrais qu'elles fassent?
Deux solutions me sont venues:
1. Ou bien, dans mon immense bonté – et cela me ressemblerait bien – , je les ai vraiment créées à mon image, les dotant d'une certaine latitude d
'action, d'une indépendance, d'une autonomie qu'on pourrait appeler liberté.
2.
Ou bien elles ne sont libres qu'en apparence. Je les manipulerais vraiment, mais selon un plan ou un dessein qui m'échappe encore, et que je devrais saisir un jour. Je fais plus que je ne suis conscient de faire, c'est une pensée qui me frappe souvent.

Extrait p 84 (conversation entre un vieillard savant et le chercheur anonyme recherchant des traces de Gaspard):

Il
hausse les épaules et me demande le volume. Je lui tends à contrecoeur. Avec tristesse, il contemple l'annonce du portrait de Gaspard, et le misérable bout de papier qu'a laissé le vandale. Je le vois rêver un instant puis, brusquement, il se saisit d'une loupe et scrute fébrilement la déchirure. Il relève la tête en ricanant:
- Ce portait n'a jamais été arraché.
- Mais si, puisqu'il manque.
- Je vous dis que ce volume a été publié tel quel, que ce portait n'a jamais existé, mais qu'on s'est contenté de l'annoncer.
Il me rend le livre.
- Regardez la languette de papier: la page, si page il y avait, est coupée trop nettement, et surtout trop au ras de la couture: il aurait été techniquement impossible de le faire, une fois le livre relié, sans casser le volume, briser le dos de cuir. L'ouvrage a toujours été ainsi. Toutes les autres pages ne sont qu'une couverture destinée à receler le portrait manquant.
J'observe attentivement l'entrepage. Effectivement, il aurait fallu une habileté diabolique pour opérer ce découpage une fois le livre fait. Je ne peux m'empêcher de m'exclamer:
- Alors, ce livre n'est qu'une mystification !

# Posté le samedi 03 mai 2008 07:25

Modifié le samedi 14 juin 2008 16:55