Manon Lescaut (Abbé Prévost)

Manon Lescaut (Abbé Prévost)



<< Le héros est un fripon et l'héroïne une catin >>
notait Montesquieu après sa lecture de Manon Lescaut.


Et de fait, Manon se fait enlever par le chevalier des Grieux, met douze jours à s'apercevoir qu'il est sans ressources, accueille alors froidement ses projets de mariage, se débarrasse de lui en le dénonçant à sa famille, accepte les propositions fastueuses d'un fermier général dont elle tirera soixante mille livres en moins de deux ans... puis vit à nouveau avec des Grieux.
Et ainsi de suite.

Un fripon? Une catin? Ces noms ne sont pas même dégrisants quand on les applique à Manon et à des Grieux, car on est aussitôt amené à se demander comment un fripon peut rester honnête, une catin conserver sa pureté.
Fraîcheur et corruption tout ensemble: dans cette impossible conjonction consiste peut-être tout le mystère de cette histoire limpide.





Mais quelle oeuvre magnifique ! Un roman d'amour comme on n'en fait plus, mêlant l'aventure à la sécurité, l'amour à la trahison, la fidélité à la méfiance, la sensualité à la jalousie...
Ce récit laisse peu de temps au lecteur pour souffler, étant uniquement divisé en deux parties, sans chapitre aucun, ni paragraphes distincts. Le récit d'une vie, d'un amour qui se trouve être à la fois source de bonheur et de malheurs, un roman qui prend le lecteur par le coeur et joue avec ses sentiments aussi aisément que l'amour sait le faire...
Quelquefois tirant sur le tragique, quelquefois virant au comique, ce roman est plein de rebondissements, de situations périlleuses laissant les personnages dans un désarroi sans nom, suivi d'un regain d'énergie et d'un retournement de situation bien-heureux.
A lire absolument pour les passionnés de romans d'amour, pour tous ceux qui aiment se torturer le coeur de par les méandres de l'amour, et l'esprit de par l'expression françienne de Prévost... 17/20

# Posté le dimanche 27 avril 2008 03:25

Modifié le dimanche 01 juin 2008 12:36

Chut (Myriam Périne)

Chut (Myriam Périne)
Résumé:

La vie de Myriam Périne bascule à l'âge de huit ans, au divorce de ses parents. G., le nouveau compagnon de sa mère s'avère être un pervers, maître dans l'art de la manipulation.
Myriam tombe tès vite sous sa coupe. Toujours là pour la réconforter dans ses tourments, il la coupe peu à peu de ses proches.
Fascinée à l'adolescence, elle accepte tout, même l'innaceptable.
Au vu et au su de sa propre mère: G. l'a convaincue que cela faisait partie de la "thérapie" dont sa fille avait besoin.
Ce témoignage saisissant est l'aboutissement de quinze années de soufrance. La douleur de l'auteur imprègne chaque page, les mots sonnent juste et révèlent l'ambiguïté d'une situation insupportable.
En brisant le mur du silence, Myriam Périne veut donner aux victimes le courage de suivre son exemple.
Parler, pour enfin se libérer.

Mon avis:

Un témoignange de plus à découvrir et à lire.
A nouveau, ce que j'y ai lu m'a répugnée mais haureusement le connard qui lui a fait ça n'a pas vécu longtemps.
J'ai déjà beaucoup dit mon avis à ce propos dans d'autres articles.
A nouveau, lisez-le, cette fille mérite qu'on lise son histoire et qu'on la comprenne.

Ma note: 10/10
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# Posté le dimanche 27 avril 2008 03:25

Modifié le vendredi 09 mai 2008 12:24

Le jeu de l'amour et du hasard (Marivaux)

Le jeu de l'amour et du hasard (Marivaux)

Jeu de dupeurs dupés et jeu du langage, la partie engagée par Silvia et Dorante ne s'achèvera pas sans le triomphe du coeur sur l'amour-propre et les préjugés sociaux, pour le plus grans plaisir du spectateur et de ses complices sur scène. Epreuve de l'autre parfois empreinte de cruauté, épreuve de soi, Le jeu de l'amour et du hasard est aussi une épreuve sociale: les valets s'invitent à la fête. Mais le rideau tombe avec le dernier masque sur un ordre restauré, juste ébranlé le temps d'un jeu.


Extrait:

SILVIA. Mais si j'osais, je vous proposerais sur une idée qui me vient, de m'accorder une grâce qui me tranquiliserait tout à fait.

MONSIEUR ORGON. Parle, si la chose est faisable je te l'accorde.

SILVIA. Elle est très faisable ; mais je crains que ce ne soit abuser de vos bontés.

MONSIEUR ORGON. Eh bien, abuse, va, dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l'être assez.

LISETTE. Il n'y a que le meilleur de tous les hommes qui puisse dire cela.

MONSIEUR ORGON. Explique-toi, ma fille.

SILVIA. Dorante arrive ici aujourd'hui ; si je pouvais le voir, l'examiner un peu sans qu'il me connût ; Lisette a de l'esprit, Monsieur, elle pourrait prendre ma place pour un peu de temps, et je prendrais la sienne.

MONSIEUR ORGON, à part. Son idée est plaisante. Haut. Laisse-moi rêver un peu à ce que tu me dis là. A part. Si je la laisse faire, il doit arriver quelque chose de bien singulier, elle ne s'y attend pas elle-même... Haut. Soit, ma fille, je te permets le déguisement. Es-tu bien sûre de soutenir le tien, Lisette?

LISETTE. Moi, Monsieur, vous savez qui je suis, essayez de m'en conter, et manquez de respect, si vous l'osez ; à cette contenance-ci, voilà un échantillon des bons airs avec lesquels je vous attends, qu'en dites-vous? hem, retrouvez-vous Lisette?

MONSIEUR ORGON. Comment donc, je m'y trompe actuellement moi-même ; mais il n'y a point de temps à perdre, va t'ajuster suivant ton rôle, Dorante peut nous surprendre, hâtez-vous, et qu'on donne le mot à toute la maison.

°°°

Il peut sembler difficile, au premier abord, d'entrer dans ce récit, la manière dont les dialogues sont écrits étant un peu déroutante... Cependant, la plupart des expressions employées sont "traduites" en français moderne en bas de page, ce qui facilite la lecture.
En ce qui concerne l'histoire en elle-même, le lecteur étant au courant de la duperie dès le départ, il est d'autant plus amusant de voir les personnages s'engouffrer dans leur rôle sans se douter de la véritable identité de chacun des protagonistes de départ (à savoir Silvia & Lisette, Dorante & Bourguignon).
Cette lecture m'a personnellement beaucoup amusée, de par l'originalité de l'histoire, le français ancien employé et la découverte du monde tel qu'il était il y a quelques siècles (à savoir les servants au service des riches, la dénonciation humouristique des statuts sociaux de l'époque).
Lecture divertissante, mais que je ne recommande pas aux personnes qui n'aiment que la littérature de notre époque (la formulation de cette pièce de théâtre pourrait vite les lasser). 16/20.

# Posté le dimanche 27 avril 2008 03:25

Modifié le dimanche 01 juin 2008 12:37

L'envol de Sarah (Agnès Favre)

L'envol de Sarah (Agnès Favre)
Résumé du livre:

Sarah naît en 1980. C'est une enfant joyeuse, studieuse jusqu'au jour où ses parents déménagent dans une autre région.
En quelques mois, elle perd le goût de la vie et s'enfonce dans la dépression.
Est-elle prisonnière d'un secret inavouable? Son frère, son père, comme sa mère, tentent de l'aider par tous les moyens et Sarah est suivie par les meilleurs spécialistes. Mais les tentatives de suicide se répètent, ponctuées de longues lettres déchirantes.
Plus personne ne pourra contrecarrer le désir d'envol de Sarah.
A seize ans, elle finit par sauter du pont de l'Aquitaine.
Etape par étape et pendant les dix années qui ont suivi, sa mère a tenté de comprendre.
Elle témoigne aujourd'hui: un livre fort et éclairant sur le mal-être des jeunes.

Ma note: 10/10

Mon avis: Un livre poignant qui témoigne du suicuide chez les jeunes.
Cela arrivé hélas très souvent et les chiffres sont alarmants à ce sujet.
Je pense à cette jeune fille de 16 ans qui aimait la vie et qui du jour au lendemain préférait la mort.
Quelle tristesse! Je pense également à la famille qui a tout fait pour l'aider à se sortir de ses pulsions suicidaires.
Mais rien n'y a fait! Elle a fini par fuguer de l'hôpital où elle était pour se jetter d'un pont!
Je n'ai qu'une chose à dire après lecture de ce livre: "Voyez la vie du bon côté et pensez que même quand on est dans les problèmes jusqu'au cou, il y a tujours une solution à tout" "Vivez et profitez de la vie car elle passe très vite"

# Posté le dimanche 27 avril 2008 03:24

Modifié le samedi 03 mai 2008 04:11