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Mathilde avait espéré qu'elle échapperait à une treizième fille au pair, mais ses négociations ont échoué.
Il y a eu Lucinda, Betsy, Laura, Sally, Anita, Carol, Phyllis, Nelly, Cynthia, Judy, Gloria, Marcia... et voilà Elsie.
Elsie est une bourrasque noire américaine. La malle qui l'accompagne est deux fois plus grosse qu'elle.
Elle regarde tout le monde droit dans les yeux. "Sleep !" annonce-t-elle.
Elle se couche tout habillée et dort sans interruption pendant trois jours. Mais quand elle se réveille... quel choc !
J'ai moi-même lu ce livre en trois-quatre heures, passant du stade du rire au stade du questionnement... Mais je ne vous en dis pas plus ! Bonne lecture !
Devant une boulangerie, Elsie hume le pain chaud.
"Baguette", hurle-t-elle comme un enfant. "Tu as des sous", me mime-t-elle, cherchant dans mes poches en criant: "Money ?"
Je lui tends le billet que maman m'oblige à porter toujours sur moi, depuis le jour où elle (et non pas la fille au pair) a oublié de venir me chercher à la danse. Je n'avais pas un centime pour téléphoner, ni pour le bus. Je m'étais bien débrouillée en expliquant l'affaire au chauffeur, mais ça a inspiré à maman de promulguer une nouvelle loi: "Il faut toujours que tu aies de l'argent sur toi."
Elsie entre dans la boulangerie. "Bone gioure, baguette !", dit-elle comme elle aurait dit: "Bonjour, patate."
Elle tend les mains, saisit deux baguettes, ouvre grand la bouche et la referme avec un "Mmiammm" international. Le boulanger ne se vexe pas.
"It's O.K.", m'accorde-t-elle. "It'll be O.K."
Ca va aller pour qui? Elle suit le bout de sa baguette le long du boulevard Malesherbes. Un mendiant, déjà installé sur le trottoir, nous fixe. Elsie lui sert son inévitable "Hi !" puis se reprend en lui donnant un morceau de pain: "Bonjour, baguette."


