"Quel gentil sucre d'orge tu es !" , lui répète-t-il souvent.
Après la première agression sexuelle qu'elle subit, son univers ne sera plus fait que de peur, de violence, de viols, de déchirements, de coups, de mensonges, de haine. Elle mettra très longtemps à échapper totalement à la terreur des abus sexuels et psychologiques répétés de son beau-père et à commencer une nouvelle vie.
- Tu me racontes une histoire?
- Une histoire? Attends, il faut que je réfléchisse.
Puis il commença: "Il était une fois une petite fille très gentille, très mignonne, un vrai petit sucre d'orge."
Gaby gloussa. Il s'agissait sûrement d'une histoire drôle, car le sucre d'orge, c'était elle, évidement.
"Et le sucre d'orge avait un beau petit minois, un long cou de cygne et en dessous deux nénés pas plus gros que des petits pois."
Gaby ne put s'empêcher de rire franchement. C'était une histoire vraiment marrante !
"Chut, dit papa en mettant son doigt devant sa bouche. Il ne faut pas que maman nous entende, sinon elle va se fâcher." Gaby hocha la tête et se serra contre lui. "Et le petit sucre d'orge a aussi un petit ventre tout mince." Papa lui caressa un peu le ventre du bout des doigts. Gaby eut du mal à ne pas éclater de rire à nouveau, car il la chatouillait mais elle réussit à se retenir.
"Et qu'est-ce qu'il a encore, le petit sucre d'orge?" Les doigts de papa se glissèrent sous l'élastique de sa culotte et se mirent à caresser sa nénette. Surprise, Gaby ferme ses jambes.
"On n'a pas le droit", dit-elle. Mais papa ne l'écoutait pas. Ses doigts lui firent mal quand ils se frayèrent un passage entre ses cuisses.
"Dans une histoire, on a tous les droits." Et il continua. "Ca ne te plaît pas?" Gaby le regarda en plissant durement les yeux. "Non, dit-elle, arrête, elle est bête ton histoire.
- Mais je n'ai pas envie d'arrêter", dit papa à voix basse. Mais le ton lui rappela le moment où il avait frappé Achim. Un éclair suivi d'aucun tonnerre. Il enfonça plus profondément ses doigts dans sa nénette. "Moi ça me plaît", dit-il en respirant fort. Au bout d'un moment, il retira sa main et lui donna une petite tape sur les fesses.
"Et tu ne dis rien à maman. Sinon elle va être très fâchée contre toi, et moi je ne t'aimerais plus non plus. A partir d'aujourd'hui, c'est notre secret."


